Toussaint LouvertureToussaint Louverture et la Révolution à Saint-DomingueNé esclave le 20 mai 1743, Toussaint Bréda est déjà affranchi en 1776 et a déjà lui-même affranchi un esclave noir. En 1789, il semble avoir acquis une petite fortune grâce à la culture du café et s'être parfaitement intégré à l'économie coloniale. Lorsque la Révolution Française éclate, toutes les classes sociales de Saint-Domingue exultent et espèrent tirer avantage de la situation. Dans la nuit du 22 au 23 août 1791, une grande réunion Vaudou, le serment du bois Caïman (voir illustration ci-contre), donne le signal de la révolte des esclaves noirs. Toussaint dirige une troupe de plus de 2000 noirs au service de l'Espagne et tente déjà de rallier les bandes noires. Le 29 août 1793, le Commissaire Sonthonax, menacé de toute part, proclame la libération des esclaves dans la colonie afin de ralier les masses noires à l'idéal révolutionnaire. La Convention vote l'abolition de l'esclavage dans l'allégresse le 4 février 1794 et le 25 juin suivant, Toussaint Louverture rejoint avec ses troupes le général en chef Laveaux. Nommé général en Chef des armées françaises de Saint Domingue le 1er septembre 1797, il installe progressivement un "pouvoir noir" sur la colonie. Avec l'adoption de la Constitution coloniale le 8 juillet 1801, il prend le titre de gouverneur général à vie. Dès lors, Bonaparte s'oppose à lui. Une forte expédition militaire débarque dans l'île en février 1802. Les troupes noires sont repoussées et Toussaint présente sa démission. |
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L'incarcérationArrêté le 7 juin 1802 Toussaint est transporté immédiatement à bord d'un bateau qui fait route vers la France. Un arrêté des Consuls en date du 4 thermidor an 10 (23 juillet 1802) ordonne son transfert et son internement au Fort de Joux, où il sera tenu au secret avec son domestique Mars Plaisir. Il arrive dans la forteresse de Joux le 23 août 1802. Après la visite réglementaire chez le commandant de la place, il est conduit dans sa cellule. La cellule du prisonnier d'EtatCelle-ci est situé au rez-de-chaussée du bâtiment voûté du donjon. Mesurant 20 pieds de long sur 12 de large (soit 6,50 m sur 3,90 m), elle est recouverte d'une voûte en plein cintre et d'un plancher en sapin. Le mobilier se compose d'un lit, d'une chaise percée, d'une petite table, de deux chaises et d'une commode. Durant deux mois, Toussaint dispose même d'une baignoire. Une cheminée en pierre permet le chauffage. La dotation en bois est très suffisante mais le climat des montagnes reste difficilement supportable pour un homme des Caraïbes déjà malade. Des mesures exceptionnelles de sécurité son prises pour empêcher son évasion : fenêtre partiellement murée et doublée la nuit d'un volet bordé de tôle, accès à la cellule nécessitant le franchissement de quatre double portes équipées de verrous et de serrures, interdiction de toute promenade. |
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La vie de Toussaint Louverture au fort de JouxLes ordres donnés prévoient que Toussaint Louverture recevra "un traitement convenable, qu'il sera suffisamment vêtu et chauffé". Les états comptables montrent que les sommes allouées à l'entretien du prisonnier sont très convenables. Celui-ci consomme énormément de sucre. A part quelques muscades, sa nourriture se compose essentiellement de viandes salées, buiscuits, fromage et vins. Il bénéficie également de la présence son domestique qui occupe la cellule contigüe. Ayant déclaré qu'il avait des révélations à faire dans l'espoir de négocier l'amélioration de sa situation personnelle, Toussaint reçoit à partir du 16 septembre 1802 plusieurs visites du général Caffarelli et comprend à cette occasion que la décision de Bonaparte est irrévocable. Son domestique a été renvoyé à Nantes dès le 7 septembre. Le renforcement des consignes de sécurité et la privation de ses papiers et de ses moyens d'écrire font entrer alors Toussaint dans un isolement total uniquement rompu par les fouilles inopinées. Après cinq long mois ponctués par le progrès de la maladie, la mort délivre le prisonnier le 7 avril 1803. |
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Au-delà de la mortAprès l'autopsie du cadavre qui démontre que Toussaint Louverture est mort de maladie pulmonaire, le corps est inhumé sous l'ancienne chappelle Saint-Louis. Cette dernière sera entièrement rasée en 1879 lors d'importants travaux de modernisation. Les ossements qui y ont été découverts semblent avoir été versés dans les traverses de terre des nouvelles fortifications. En 1982, une pelletée de cette terre de Joux est transférée symboliquement en Haïti, première république noire au monde proclammée le 1er janvier 1804, quelques mois seulement après la mort de Toussaint Louverture. |
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